Renaissance d’un kiosque à musique

Highslide JSLa place Aristide-Briand à Sète est un des endroits les plus agréables de notre petite ville.

Son kiosque à musique lui donne le charme désuet de la Belle Époque, témoignage d’un certain art de vivre. Les vieux sétois se souviennent avec nostalgie du temps où, chaque semaine à la belle saison, l’Harmonie venait y donner l’aubade.

Datant de 1891, il est dû à la générosité d’un donateur d’origine brémoise, Johan Franke, né le 24 février 1809, installé à Sète vers 1840 avec son jeune cousin germain, Johan Adolphe Garlisch pour créer une maison de vins. Tous deux appartenaient à une ancienne famille de négociants allemands ayant établi depuis la fin du XVIIIe siècle des liens commerciaux avec les régions bordelaise, languedocienne et le port de Sète.

Johan FrankeAmateur de musique et compositeur à ses heures, Johan Franke offrira au soir de sa vie à sa ville d’adoption ce monument, érigé par l’architecte Léon Rosiès et situé face à la maison familiale. Lors de son inauguration par le Dr Scheydt, maire de l’époque, le 19 juin 1892, l’Harmonie interpréta l’Ouverture de Guillaume Tell de Rossini et, avec l’auteur en soliste, Les Noces d’Or, un impromptu pour clarinette dédié à J. Franke par François Jouveau, alors professeur de musique au Collège. *

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Le kiosque de l’Esplanade eut quelque temps un frère jumeau, sur l’actuelle place Stalingrad (face au théâtre). Édifié en 1894, il fut détruit en 1954, abandonnant l’espace aux voitures.

Fragilisé par les outrages du temps et l’absence d’entretien, le kiosque Franke était depuis plusieurs années interdit d’accès et réduit au silence, offrant le spectacle désolant d’une lente dégradation.

Highslide JSUn important programme de restauration, mené à bien par la Ville de Sète au cours de l’année 2007 et couronné par un concert de l’Harmonie, redonne à cet élément de notre patrimoine architectural, historique et culturel un état digne de lui, le rendant ainsi à sa vocation première pour le plus grand plaisir de tous.

À l’heure où nombre de manifestations musicales, à grand renfort de sonorisations agressives, sont devenues synonymes de nuisances, le kiosque à musique maintient et symbolise jusque dans son architecture une présence musicale discrète au cœur de la cité, à la fois ouverte et circonscrite, festive et offerte à tous.

* D’après un article de Catherine Lopez-Dréau paru dans le Bulletin de la Société d’Études historiques et scientifiques de Sète et sa Région, 2003.