Gloire au 17e !

Gloire au 17e !En 1907, la colère et la révolte grondent dans le Languedoc. À la suite de la crise du phylloxera qui avait ravagé le vignoble en 1885, on a replanté avec courage. Mais la concurrence étrangère avec sa surproduction a déstabilisé le marché, les vins trafiqués sont en vente libre et les fraudeurs sont impunis. Le gouvernement fait la sourde oreille aux demandes des viticulteurs du Midi. Le mouvement, mené par Marcelin Albert (1851-1921) s’amplifie. Le 26 mai, 250 000 vignerons et leurs familles envahissent la cité de Carcassonne. Le 9 juin, une foule estimée à 600 000 personnes manifeste à Montpellier. Le 19 juin, à Narbonne, les cuirassiers chargent et tuent un homme. Le lendemain l’armée tire sur la foule faisant cinq victimes.

Mais les soldats du 17e régiment d’infanterie, en garnison à Béziers, essentiellement composé de conscrits originaires du Languedoc, se révoltent et rejoignent les manifestants. Le gouvernement de Georges Clémenceau est obligé de lâcher du lest et fait voter une loi contre la fraude. Cinq cents des “braves pioupious” du 17e sont envoyés en bataillon disciplinaire en Tunisie.

Une chanson devenue célèbre, sur des paroles de Gaston Montéhus et une musique de Roger Chantegrelet leur rend hommage. L’arrangement de Laurent Audemard y fait intervenir les hautbois traditionnels du Languedoc.

Légitime était votre colère
Le refus était un grand devoir
On ne doit pas tuer ses père et mère
Pour les grands qui sont au pouvoir
Soldats, votre conscience est nette
On n’se tue pas entre Français
Refusant d’rougir vos baïonnettes
Petits soldats, oui, vous avez bien fait !

REFRAIN :
Salut, salut à vous
Braves soldats du dix-septième
Salut, braves pioupious
Chacun vous admire et vous aime
Salut, salut à vous
A votre geste magnifique
Vous auriez en tirant sur nous,
Assassiné la République.

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